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    Grâce à la réalité augmentée, la douleur arrive dans les jeux videos

    Allant toujours plus loin dans leur quête de réalisme, les développeurs de réalité virtuelle conçoivent désormais des accessoires permettant de ressentir la souffrance de votre avatar.

    En 2011 sortait sur les écrans indiens Ra One. Un film dans lequel un jeu de combat VR finissait par provoquer des douleurs bien réelles à son joueur. Ce qui horrifiait les personnages du film semble au contraire emballer les concepteurs IRL. Dans une interview accordée au site Wired, le chercheur Greg Burdea prétend que « c’est avec la surcharge sensorielle – le son, l’image le toucher, et même la douleur – qu’on rend accro le joueur« .

    Fais-moi mal. Burdea n’est visiblement pas le seul. HaptX et ses gants HaptX Evolved promettent de reproduire à la perfection la douleur provoquée par une bataille de boules de neiges, à l’aide de fluides dont la pression sur les mains en rendent tous les détails. Les petits gars de chez TEGway quant à eux proposent les manettes Thermoreal dotées d’un revêtement conducteur qui mime les sensations de chaud et de froid.

    Et si pour vous, la morsure du froid c’est un peu pour les mauviettes, Hardlight a la solution. Leur veste haptique vous donnera l’impression de vous prendre un coup dans les côtes, et leurs potes de chez bHaptics assurent que leur masque VR Tactal reproduit la joie des pains dans la gueule grâce à ses sept moteurs vibrants.

    Cinquante nuances d’idiots. Le but de la VR  a toujours été de confondre réalité et illusion, mais peut être font-ils claquer le fouet un peu trop loin avec ces nouveaux objets. Récemment Ubisoft moquait cette possibilité avec son Nosulus Rift. Un accessoire censé vous faire sentir l’odeur des pets abondant dans le jeu South Park : The Fractured Butt-Whole, mais ce pied de nez bien senti aux promesses superflues de cette technologie n’a visiblement pas fait mouche.

    Les limites du réalisme. Car ce que ces start up semble oublier, c’est le premier argument du jeu vidéo : nous permettre de fuir la réalité. Ressentir un coup de genou dans les côtes est impressionnant d’un point de vue technique, mais absurde si on considère que la première recherche du joueur dans un jeu d’action, c’est le sentiment de surpuissance. Qui parmi les joueurs rêve de ressentir la douce caresse d’un headshot au sniper durant sa partie de Counter Strike ? Quelle communauté tremble d’excitation à l’idée d’une fatalité de Mortal Kombat retranscrite à la perfection sur leurs propres tripes ?

    Les dernières avancées de la VR offrent aujourd’hui des expériences limitées certes, mais révolutionnaires et prometteuses pour l’avenir de notre passe-temps préféré. Des films comme Le Cobaye voyaient – à raison – la douleur comme une conséquence indésirable de la réalité virtuelle, mais nous promettaient les sentiments délicieux du vol en altitude et des plaisirs de la chair plus vrais que nature. Ces innovations sont à portée de main et pourtant le manque d’imagination des développeurs ne mènent qu’à une bête reproduction de la réalité. Ce qui revient à nous faire jouer Alfred le majordome alors qu’on voudrait être Batman.

    Observons donc d’un oeil circonspect cette mode étrange, qui, à coup sûr nous demandera bientôt de réaliser le Spinning Bird Kick de Chun-Li dans nos chambres.

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