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    Tournois HS : Fallait pas les inviter.

    Récemment sacré champion du monde, Pavel commence à être invité à de plus en plus de compétitions. Mais faut-il à tout prix gagner une BlizzCon pour rejoindre le carré VIP d’Hearthstone ? N’y a-t-il pas trop de tournois par invitation sur le circuit compétitif ?

    En tant que titre casual, Hearthstone n’a pas grand chose à se reprocher. Certes, l’accumulation rapide des extensions ne facilite pas la tâche aux collectionneurs. Mais son accessibilité et ses jolies animations mettent en général tout le monde d’accord : Hearthstone est un jeu fun. En matière de compétition cependant, le CCG de Blizzard fait grincer des dents. Le reproche le plus courant porte sur la composante aléatoire du jeu. Personne n’aime voir Ragnaros décider du sort d’une partie à pile ou face. Mais la scène compétitive fait également face à un tout autre problème : les tournois par invitation.

    L'ambiance posée de la Seat Story Cup frise l'entre-soi.
    L’ambiance posée de la Seat Story Cup frise parfois l’entre-soi.

    Un cercle fermé

    Prenons comme référence les compétitions majeures de l’année 2016. Près de la moitié des organisateurs ont choisi d’inviter des joueurs à leur tournoi, la plupart du temps de manière exclusive. Ainsi, les tournois chinois comme les Gold Series ou les initiatives européennes comme la PGL Bucharest n’offrent aucune possibilité de qualification au joueur lambda. Certaines organisations de moindre envergure, comme la Gamegune, procèdent de la même manière en invitant tous les participants. 

    Heureusement, les laissés-pour-compte ont d’autres occasions de tenter leur chance. Plusieurs tournois phares comme les DreamHack majeures & l’Insomnia adoptent ainsi un système de ronde suisse où tout le monde part sur un pied d’égalité. Les joueurs les plus performants sont ensuite départagés dans un arbre final. Le système de qualification pour les Championnats du monde est encore plus méritocratique. Les joueurs doivent enchaîner les bonnes performances en ladder et aux petits tournois online pour intégrer les préliminaires régionales. Ce n’est qu’au terme de longues phases qualificatives s’étalant sur toute l’année que les 16 finalistes sont retenus pour l’ultime épreuve à la BlizzCon.

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    RuoJi, 19 ans, heureux détenteur d’une Ferrari suite à sa victoire au CN vs EU Invitational.

    T’es qui dans l’esport ?

    Malgré cela, les circuits par invitation continuent de pulluler, et les cashprizes qu’ils proposent sont loin d’être ridicules. Certains organisateurs chinois vont même jusqu’à offrir des voitures de luxe à leurs compatriotes les plus méritants. On peut donc se demander qui sont ces fameux joueurs invités à tous les tournois, et quelle est leur légitimité. Certains noms ont marqué les débuts d’Hearthstone. L’exemple d’Aleksandr “Kolento” Malsh saute aux yeux : en créant plusieurs decks comme le voleur miracle, le génie ukrainien a révolutionné la méta de l’époque. Son prestige est tel qu’aujourd’hui, il est encore invité à plusieurs tournois majeurs comme la PLG Bucarest ou The Curse Trials. Mais le joueur Cloud9 a perdu de sa superbe, et il n’a pas fait un seul top 8 à un préliminaire officiel Blizzard cette saison.

    Il ne s’agit pas d’un cas isolé. D’autres joueurs comme Reynad ou Amaz continuent de surfer sur une popularité acquise durant la bêta. Ils sont aujourd’hui streamers, influenceurs et organisateurs d’événements, mais bénéficient encore de passe-droits pour participer à certaines compétitions. Ces joueurs ont tous eu un excellent niveau sur Hearthstone, et certains parviennent encore à tirer leur épingle du jeu. Ek0p a ainsi récemment terminé top4 du tournoi par invitation organisé par ASUS ROG. Mais il n’a eu besoin de gagner que trois matchs pour atteindre ce stade de la compétition. Ce n’est pas la même chose que de s’extirper d’une ronde suisse composée de 300 joueurs.

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    Kolento, génie des cartes à la retraite ?

    Vers un moindre mal

    Pour intégrer ce cercle VIP, pas de secret : il faut briller. Et pour briller, il faut être souvent invité. Un paradoxe qui semble insoluble… à part si on gagne une BlizzCon, comme Ostkaka en 2015 et Pavel cette année. L’effet est alors immédiat : Ostkaka a été invité à la quasi-totalité des événements en 2016, et Pavel a déjà pu bénéficier d’un ticket d’or à la Gamegune 2016 à San Sebastian. Ce prestige s’est d’ailleurs étendu jusqu’à son équipe, Millenium, car son coéquipier Maverick était lui aussi de la partie en Espagne. Bien sûr, d’autres tournois peuvent servir de tremplins aux joueurs pour se faire connaître. Mais le constat est net : il reste très difficile de rejoindre la jet set des tournois par invitation.

    Du point de vue des organisateurs, l’idée est simple. Hearthstone n’est pas un jeu où le meilleur peut gagner systématiquement, en raison du caractère aléatoire inhérent de la discipline. Pour faire vivre un tournoi, il faut donc faire appel à des visages familiers pour que le public puisse trouver y son compte. Le jeu lent de Lifecoach, la rage de Reynad ou les decks créatifs de Tars sont des éléments connus de la communauté. Ils attireront donc davantage de spectateurs qu’un joueur lambda, même si celui-ci est bourré de talent.

    Cependant, ce système d’invitation va à l’encontre du caractère compétitif d’Hearthstone. Inviter des commentateurs, des streamers et des influenceurs est un excellent moyen de faire le show, mais cela ne garantira jamais un niveau de jeu optimal. Ce principe est inévitable tant Hearthstone est inséparable de cette notion de spectacle. Mais on aimerait parfois que les organisateurs trouvent un équilibre plus heureux entre talent et célébrité. Cela permettrait de recycler toute une partie de la scène, qui a tendance à stagner.

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