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    Esport : la ferveur brésilienne

    Le drapeau brésilien s’affiche de plus en plus dans les compétitions de jeux vidéo, de la MLG à l’ESL One, du championnat du monde de LoL à la Paris Games Week. Le Brésil est-il en passe de devenir un pays phare du sport électronique ?

    L’esport au Brésil connaît un engouement similaire à celui qu’on peut voir en France, comme le constate Adrien Auxent, Français expatrié au Brésil et journaliste pour The Esports Observer.

    “Cela fait un bon moment que l’on voit des reportages dans les médias traditionnels. Les retransmissions à la TV sont plus récentes” explique-t-il. Les télévisions du monde entier tentent de s’approprier le phénomène et de séduire un public plus jeune. Cela semble fonctionner : “Au départ, les matchs n’étaient pas en direct, mais maintenant il est possible de visionner l’E-League un championnat de Counter Strike Global Offensive en direct. Aussi diffusées en direct, les finales brésiliennes du championnat de League of Legends, la CBLoL, ont eu de bons résultats d’audiences.”

    Un statut de Wildcard ?

    Malgré son statut de région Wildcard, le Brésil peut-il être considéré comme l’une des grandes nations du sport électronique ? Aujourd’hui, l’équipe SK Gaming composée de cinq Brésiliens règne sur CS:GO. Gabriel “FalleN” Toledo et ses coéquipiers ont remporté deux majors et la saison 3 de l’ESL Pro League en 2016 ! Contrairement à l’Europe, la CBLoL est un championnat national et est un véritable vivier de talent. “Si le Brésil hérite encore d’un statut de Wildcard pour League of Legends, c’est parce que les serveurs brésiliens n’ont été disponibles que bien plus tard comparé aux autres régions. Les joueurs rattrapent encore leur retard.” explique Adrien. Avec 200 millions d’habitants, le Brésil possède les armes pour devenir une grande nation, même pour les supporters. A ce sujet notre spécialiste évoque l’engouement des fans : “Les supporters montrent une véritable ferveur, ils sont passionnés dans le meilleur comme dans le pire et n’hésitent pas à enflammer les réseaux sociaux quand un analyste critique la performance d’une de leur star.”

    Hey Dioud, where is my Thresh ?

    Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’esport brésilien explose à l’international. A la Paris Games Week, ils sont venus en nombre. paiN, Luminosity et AlienTech (équipe féminine) participent aux tournois ESWC CS:GO, alors que l’équipe League of Legends INTZ eSports est venue décrocher avec succès une qualification pour les IEM Oakland, après avoir lancé la hype en se faisant remarquer aux Worlds.

    INTZ eSports aux IEM Challenger de la PGW, jouant une place pour les IEM Oakland. Photo : Quentin Missault - JKTV
    INTZ eSports aux IEM Challenger de la PGW, jouant une place pour les IEM Oakland. Photo : Quentin Missault – JK

    Leur AD Carry Micael “micaO” Rodrigues revient sur cette expérience : “Les Worlds m’ont ouvert les yeux : je sais sur quels points précis je dois travailler pour m’améliorer. Quand on évolue seulement au Brésil, c’est difficile de se faire une idée du niveau des autres ligues.” Quant à la CBLoL, si le championnat brésilien monte en niveau chaque année, pour lui il y a encore beaucoup à faire pour l’améliorer : “Les structures doivent comprendre que faire grandir le talent d’un joueur prends du temps. On voit souvent les mêmes personnes dans les équipes car les nouveaux joueurs n’ont pas le temps de faire leurs preuves.”

    Il est vrai que le roster d’INTZ est resté stable tout au long de la saison 6. Si les joueurs aimeraient rester ensemble pour la future saison, rien n’est sûr tant que la période de mercato n’aura pas pris fin. Ce qui est certain en revanche, c’est que micaO veut tout faire pour suivre l’exemple de l’équipe de FalleN : “Ils nous inspirent énormément. On veut vraiment être comme eux et gagner un championnat du monde, même si il y a encore beaucoup de travail. Ils ont cru en eux et ils l’ont fait ! Donc je pense que nous aussi on a besoin de plus croire en nous, travailler plus dur et continuer de jouer !”

    Si le Brésil est encore loin de voler la vedette à la Corée, l’esport se développe à vitesse grand V et attire de nouveaux acteurs, que ce soit l’ESL avec la Pro League CS:GO ce week-end ou l’ESWC. Les joueurs, eux, s’exportent à l’international et trustent les podiums des plus grandes compétitions. En définitive, en quelques années le pays de la Samba pourrait rattraper ses concurrents au tableau des médailles.

    Jean-Baptiste Saelens et Quentin Missault.

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