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    Pokémon – Un monde esportif à part

    Ce week-end a eu lieu les Pokémon North America International Championships. Tournoi américain menant au championnat de la licence de Game Freak, il se jouait sur le TCG physique, mais aussi sur les jeux vidéo. Une compétition aux allures esportives, mais qui peine pourtant à recevoir la même estime que d’autres disciplines.

    Licence emblématique au succès intemporel, Pokémon a accompagné l’histoire du jeu vidéo depuis ses débuts sur la Game Boy de Nintendo en 1995, au Japon. Depuis, le jeu a évolué, et s’est décliné sur plusieurs médias. Jeux, dessins animés, manga, et toute une flopée de produits dérivés, dont un jeu de cartes à jouer. Vendu comme un jeu pour enfant, Pokémon a prouvé posséder une dimension stratégique qui a évolué à travers le temps, ouvrant les portes à la soif de compétition des joueurs. Et pourtant, bien qu’il existe de nombreux tournois, la licence n’a jamais été vraiment reconnue comme une discipline esportive. Et ce, même si elle répond à s’apparente à plusieurs jeux phares de l’esport dans ses déclinaisons compétitives.

    Le cas « TCG/CCG »

    Déjà là, il faut différencier le principe du Trading Card Game (TCG) et du Collectible Card Game (CCG). Hearthstone, par exemple, est un CCG, puisqu’il est impossible de s’échanger des cartes. Pour Pokémon, qu’il s’agisse de la version physique ou dématérialisée, ce sont des TCG. En effet, le jeu en ligne possède un marché d’échanges entre joueurs. Une fonctionnalité que regrettent nombre de joueurs sur le jeu de Blizzard.

    En soi, le TCG est facile à prendre en main, avec des règles simples et un aspect stratégique qui fait sa popularité au niveau compétitif sur sa version physique. En ligne, le jeu est tout aussi intéressant. Il suit le même principe, jusqu’au système de mode standard et héritage, dont Hearthstone s’est inspiré pour la rotation de ses extensions. Et pourtant, Pokémon TCGO peine à se construire une scène compétitive.

    La raison principale en est que son jumeau physique se porte toujours très bien, et occupe tout l’espace. Les deux peuvent cohabiter dirait-on. Mais ce n’est pas si simple. La version en ligne accuse un retard dans la sortie des extensions. De plus le farming prend beaucoup plus de temps qu’Hearthstone. Ce qui rend difficile l’accès pour des joueurs qui ne sont pas déjà familiers du TCG. Et ceux qui sont prêts à aller loin dans le jeu sont en général déjà sur les cartes.

    Difficile donc de faire éclore la scène en ligne, malgré l’existence d’un mode tournoi. Surtout que la compétition des cartes imprimées est déjà bien placée. Ce qui n’est pas le cas du jeu de Blizzard, où le jeu de cartes Warcraft a disparu. Ce même problème de cohabitation peut d’ailleurs être assimilé à plusieurs jeux à succès, tel que Magic, ou encore Yu-Gi-Oh !.

    La pokéstrat des intellectuels

    Concernant les jeux vidéo, la question devrait être plus facile à régler. La scène compétitive existe. Elle possède des tournois locaux, régionaux, nationaux,… Bref, tout un circuit qui mène aux championnats du monde. Des saisons qui se répartissent en année, et des jeux qui bénéficient de mises à jour. De plus, les combats ont un aspect stratégique très poussé, entre les stats, types, natures, attaques,… Alors pourquoi ne siège-t-il pas aux côtés des ténors des jeux compétitifs ? La réponse est simple.

    Pokémon est un jeu long. Tous ceux qui ont décidé de se mettre au PVP en ligne plus ou moins compétitif connaissent ses exigences. On ne parle pas de l’aventure qui se boucle en quelques heures. Lorsqu’on veut pousser son expérience de dresseur plus loin, il demande un investissement considérable en temps de jeu. La capture passe encore, mais on entre dans un autre univers lorsqu’il s’agit d’obtenir une équipe avec des stats optimales ayant la bonne nature pour la stratégie qu’on veut adopter, et les bonnes attaques apprises dès la naissance, en plus du talent caché.

    Le nombre d’œufs qu’il faut faire éclore, et les Métamorphes parfaits envoyés à pension pour s’accoupler avec la bonne espèce. C’est un processus qui se compte en jours, rien que pour avoir un semblant d’équipe décente avant de se lancer dans le PVP. Ce qui est tout de même autre chose que League of Legends, où avoir accès à une dizaine de champions suffit à se lancer dans l’aventure contre de vrais joueurs.

    Au niveau compétitif, Pokémon est un jeu de farmer. Un jeu pour ceux qui sont prêts à s’investir au maximum dès le début. La moindre erreur sur un membre de l’équipe peut amener à de nouvelles heures de team building. Ce qui est encore plus frustrant lorsqu’on commence et qu’on se rend compte que notre composition n’est pas du tout optimale, et pousse ainsi à tout recommencer. Le jeu n’en reste pas moins excellent à ce niveau-là, mais trop élitiste (dans une certaine mesure) afin d’être vraiment attrayant pour le grand public.

    Le dernier challenger

    Et au milieu de tout ça, Nintedo nous a gratifiés de Pokkén Tournament DX. Sorti en septembre 2017, ce jeu vidéo a pour but de réaliser le fantasme de nombreux fans. Pas de RPG au tour à, mais un versus fighting plutôt nerveux. On n’y incarne plus une équipe, mais un Pokémon dans un 1v1 classique du genre, avec une vue rappelant la série des Naruto Ultimate Ninja Storm. Une nouveauté destinée avant tout à la compétition.

    L’éditeur ne s’en cache pas. Si on peut y prendre du fun en casual, c’est pour son côté compétitif que le jeu est censé prendre le joueur. D’ailleurs, ses efforts pour le promouvoir sont à louer, jusqu’au Tortank et autres contenus in-game offerts via Twitch Prime il n’y a pas si longtemps que ça. Le jeu n’ayant pas encore soufflé sa première bougie, difficile de dire s’il sera un succès sur le long-terme. En tout cas, même les matchs d’exhibition avec les créateurs du jeu poussent à la consommation.

    Mais aussi intéressant que soit son concept, il reste pour l’instant difficile à exporter pour Nintendo. Il serait facile de blâmer la plateforme, puisque la Switch n’a jamais été vendu pour une console avec des jeux destinés à l’esport. Mais le sport électronique se construit par la communauté, et on ne peut nier l’existence de celle de Pokémon, aussi restreinte soit-elle sur ce jeu.

    Au final, Pokémon a beau être une référence dans l’univers vidéoludique, son aspect compétitif reste cantonner à une communauté qui est prête à investir sur le long terme (que ce soit une question de temps ou de finance), mais aussi patiente. Aussi, la scène esportive existe bel et bien. Elle fait figure de nation indépendante, loin du bling-bling et de la médiatisation des grosses pointures de l’industrie. Un public de niche qui continue à faire prospérer les ligues pour devenir un jour maître Pokémon.

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